Suisse : Gamaya s’apprête à lancer une nouvelle technologie sophistiquée

L’entreprise lausannoise prépare cette année une levée de fonds de 10 millions de francs.

L’histoire de Gamaya démarre dans un laboratoire académique lausannois pour se poursuivre sur les grandes surfaces agricoles de pays comme le Brésil, devenu le marché primaire de l’entreprise.

Spin-off de l’EPFL, la société a été fondée en 2015 et compte aujourd’hui 21 employés.

A sa tête, Yosef Akhtman, fondateur et CEO. La start-up développe un système d’imagerie aérienne fournissant des indications sur l’état et la composition des sols.

Grâce à l’utilisation d’une caméra miniature hyperspectrale, embarquée sur un drone, sa technologie permet d’effectuer un diagnostic à grande échelle des cultures (maladies, ravageurs, mauvaises herbes).

L’entreprise s’est récemment distinguée dans le cadre du Swiss Economic Forum 2017 (l’Agefi du 6 juin 2017). Elle s’est également classée 6e du TOP 100 des start-up Suisse en 2017 (l’Agefi du 8 septembre 2017). Entretien avec le CEO Yosef Akhtman.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement?

Actuellement, nous travaillons aussi sur quelques projets de recherche et développement qui ciblent les grandes cultures en Europe de l’Est.

En outre, nous avons deux solutions commerciales pour les industries de la canne à sucre et du tabac que nous commercialisons et déployons actuellement au Brésil.

Quelles perspectives globales offrent l’agriculture de précision?

La croissance rapide de la population humaine, aggravée par les changements climatiques et environnementaux, présente des défis profonds et urgents pour la production alimentaire, qui représente près de 5000 milliards de dollars.

L’agriculture de précision permet d’améliorer considérablement l’efficacité et la durabilité de la production agricole, notamment en optimisant l’utilisation de l’eau, du carburant, des engrais et des produits phytosanitaires, améliorant ainsi considérablement la quantité et la qualité des produits agricoles.

Comment s’est passée votre entrée sur le marché brésilien?

Le Brésil présente une opportunité unique pour les nouvelles technologies dans l’agriculture industrielle en raison de l’échelle, de la complexité et de l’intensité des pratiques agricoles. Beaucoup de grands agriculteurs brésiliens sont avancés en ce qui concerne l’application de la digitalisation dans l’agriculture.

Il existe là-bas une demande urgente de solutions technologiques tangibles qui ont démontré par le passé leur capacité à améliorer l’efficacité et la durabilité des cultures.

Dans le même temps, ce marché est très complexe du point de vue opérationnel et financier. Nous réalisons de très bons progrès et nous obtenons un important attrait commercial.

Mais des défis importants demeurent.

Aujourd’hui, dans quel autre marché êtes-vous actifs dans le continent américain?

Nous avons une présence limitée en Argentine et discutons également des opportunités potentielles dans d’autres pays d’Amérique latine. Mais le Brésil restera notre principal objectif dans les années à venir.

Vous aviez levé 4,2 millions de francs en 2017.

Prévoyez-vous de faire une levée de fonds prochainement?

Nous avons levé 3,2 millions en 2016 et 4,2 millions en 2017.

Nous discutons actuellement d’un tour d’investissement supplémentaire de 10 millions de francs. Nous travaillons sur une nouvelle technologie, sophistiquée et très puissante qui va changer radicalement l’agriculture industrielle dans le monde.

Le développement de nouvelles technologies complexes prend du temps et du capital et notre cas ne fait pas exception à cet égard.

Quelles sont vos ambitions dans l’agriculture de précision?

Notre ambition est de devenir un acteur clé sur le marché mondial des services d’intelligence et d’automatisation environnementales et agronomiques.

Il devient de plus en plus évident que l’agriculture moderne sera réalisée par des robots intelligents à l’avenir. Cette réalité peut venir plus tôt que beaucoup d’entre nous se rendent compte.

Par exemple, les machines de chantier autoguidées viendront dans les champs agricoles bien avant que les voitures autonomes, dont tout le monde parle.

Si les tracteurs sont capables d’être autonomes déjà aujourd’hui, quelqu’un doit dire à ces robots où aller et quoi faire.

Gamaya aspire à devenir cet acteur.

Sources: Matteo Ianni