Création du Système National d'Innovation Agricole (SNIA) en Colombie

Depuis le 29 décembre 2017, la Constitution de la République de Colombie compte un texte intégrant la recherche et l'éducation au sein des secteurs agricole et de l'élevage. 

Ces nouveaux instruments de savoir on été mis en place pour que les espaces ruraux du pays ne soient plus considérés comme "en retard" en comparaison au reste du territoire. Ce système sera coordonné par le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural et plusieurs autres entités comme Colciencias, le Département National de Planification (DNP) ou Corpoica

Le dernier recensement national illustre parfaitement le retard technologique dont souffre le secteur de l'agriculture et le monde rural: seulement 10% des producteurs ont accès à une assistance technique et moins d'un cinquième s'appuent, pour leur travail, sur des machines et sur un système d'irrigation performant. Selon des chiffres de la Banque Mondiale, on comptait 23% de population rurale dans le pays en 2016. 

Cependant, en quoi consiste véritablement la loi N°1876 et quelles seront les mesures prises par le gouvernement Colombien? 

Le SNIA prend tout d'abord en considération les spécificités géographiques, culturelles et ethniques des territoires. Il s'engage à ce que ses actions soient respectueuses de l'environnement et que les communautés rurales soient les seules bénéficiaires de ce processus de développement. Bien que le projet de loi ait été développé dans le cadre du post-conflit, il s'agit du seul qui ne concentre pas de thèmes de justice, de droits politiques ou encore d'amnistie. Il s'agit d'un projet économique aux bénéfices sociaux. Les principaux objectifs de ce nouveau modèle d'agriculture et d'élevage sont de contribuer à l'amélioration de l aproductivité et de la compétitivité du pays au travers de l'articulation et de l'harmonisation des politiques nationales et régionales. 

Cependant, selon le Président de l'UNAGA (Union Nacional de Asociaciones Ganaderas de Colombia - Union Nationale des Associations d'Élevage de Colombie), Ricardo Sanchez Rondon, le premier problème de cette loi est le manque de considération des producteurs comme agents actifs et gestionnaires des organes directifs du système national d'innovation agricole. Tandis que l'État colombien promeut la participation du secteur privé concernant la direction de la science et de la technologie nationales, la loi N°1876 ne prévoit pas qu'il y ait un représentant des producteurs ou du secteur privé au sein du Conseil Supérieur National d'Innovation Agricole. Tous les représentants feront partie du secteur public. 

Le très peu d'importance porté à l'interaction public-privé ne privilégie pas les mécanismes de fortification des investissements, ce qui remet totalement en cause les préceptes de cette loi. Cependant, la prise de conscience de la part du pouvoir en place de ce besoin de moyens technologiques en milieu rural, est un premier pas vers le développement économique et social de celui-ci.